Bretagne-Japon 2012


Actualité : Bretagne-Japon 2012

Un peu d’actualité. En ce moment la Bretagne accueille une belle manifestation organisée par l’Association des conservateurs des musées de Bretagne. 12 musées pour 12 expositions, l’expression « un archipel d’expositions » est donc ici tout à fait pertinente pour évoquer les liens historiques, artistiques et culturelles entre la Bretagne et le Japon dès le XVIIIe siècle.

Site de la manifestation

Pour suivre l’actualité de cet événement, je vous recommande le compte Twitter officiel.

L’ouvrage collectif est d’ailleurs une belle acquisition/lecture à faire : plus d’informations ici.

—————

Enfin, je voulais faire la promotion du colloque international « Territoires du Japonisme » -organisé par l’université Rennes 2- qui se tiendra du 27 au 29 septembre à Rennes.

Voici l’appel à communication :

A  l’occasion de la manifestation « Bretagne – Japon : un archipel d’expositions », organisée par l’Association des conservateurs des musées de Bretagne,  est programmé un colloque sur le japonisme qui en sera un prolongement scientifique permettant de présenter l’état des recherches sur la question, sur la notion de japonisme, son évolution et ses prolongements, dans une perspective large qui permet de l’inscrire dans la durée. Les approches sont nombreuses, constituant autant de « territoires » d’études et d’interprétations que le Japonisme peut susciter, en écho à cet « archipel » des quatorze expositions qui auront lieu en 2012 dans les musées de la région.

Le préambule incontournable concerne les recherches sur les conditions historiques de la connaissance et de la diffusion de la culture japonaise en Occident.  Ici, la vocation maritime de la Bretagne participe à cette histoire, ce dont témoignent les collections conservées dans les musées de la région, et elle a favorisé un rôle qui peut être étudiée au regard d’autres situations. Mais partout, l’arrivée, depuis le XVIIe siècle, d’objets en provenance du Japon, les missions diplomatiques et militaires, les activités des compagnies maritimes, la connaissance de l’art du Japon et sa diffusion, la constitution de collections privées ou publiques, tout comme l’appréhension de l’art occidental par les artistes japonais, soulignent le rôle des érudits, amateurs, collectionneurs, hommes de lettres, marchands, voyageurs, et des moyens de diffusion, expositions, littérature, presse et publications diverses, de la photographie ou encore des spectacles, musique, et arts de la scène.

Jusqu’aux premiers voyages au Japon entrepris par quelques artistes, l’engouement pour ce pays et le regard porté par les artistes occidentaux sur l’art japonais se manifestent de multiples façons, de la seule référence iconographique des « japonaiseries » aux recherches techniques, dans l’art de l’estampe notamment, et leur apport est incontestable dans l’œuvre de certains artistes. Est à mesurer l’importance des « influences », implicites parfois, minimisées voire niées, ou au contraire, parmi ceux qui y font explicitement référence, quelquefois exagérément convoquées par les artistes eux-mêmes ou leurs commentateurs, critiques ou historiens. La confrontation reste indispensable entre les sources, correspondances, écrits et témoignages, collections parfois, et les œuvres d’artistes qui affirment un intérêt réel pour l’art japonais, comme quelques uns de ceux qui ont travaillé en Bretagne dans les années 1880 et 1890, tel Monet, Gauguin, ou Rivière pour ne citer qu’eux. Le dynamisme de la création dans cette région pendant la seconde moitié du XIXe siècle coïncide en effet avec l’apogée du japonisme, et ses prolongements sont sensibles jusqu’au début du XXe siècle.

Mais les conditions d’émergence de la notion de japonisme au milieu du XIXe siècle, et sa postérité,  s’inscrivent dans un contexte historique, intellectuel et artistique qui lui confère une dimension plus étendue que celle, réductrice, d’un apport strictement formaliste. Des orientations politiques parfois s’y glissent, comme probablement dans l’esprit de la « société » du Jing-Lar ou plus tard, par exemple, dans les cercles japonisants impliqués dans l’affaire Dreyfus, donnant au Japonisme un périmètre autrement plus large que celui de la seule référence plastique, en le  plaçant dans l’histoire de la culture européenne.

 

Le programme est disponible ici. Pour ceux qui ne pourraient pas venir, sachez que le colloque devrait être publié. Je vous tiendrais bien évidemment au courant de la suite des événements.

Je serai présente à ce colloque. Ma conférence portera sur L’apport des modèles japonais dans l’art industriel français : mobilité des artistes faïenciers et commercialisation des productions céramique japonisantes (28 septembre).

 

 

Je vous souhaite à tous une très belle fin d’été japonisante…

Laissez un commentaire